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De Vera Cruz à Camerone
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Nicolas


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MessagePosté le: Mar 15 Mai - 21:47 (2012)    Sujet du message: De Vera Cruz à Camerone Répondre en citant

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Je me suis fait la main et la souris en postant un fil sur le forum "histoire". Le sujet n'a pas semblé totalement nul (malgré de graves erreurs que je rectifie au fur et à mesure de ma relecture ...)

Bref, il est temps d'en faire profiter les copains !

En avant pour le Mexique.

Que s'est-il passé au Mexique entre 1861 et 1867 ?

Que s'est-il vraiment passé dans les débris de l' "hacienda da Camaron" le 30 avril 1863 ?

Et puis, qu'est ce qu'on foutait la ??

Parce que, c'est beau le Mexique, mais c'est loin ... Eugénie, les larmes aux yeux, nous venons te dire adieu.

C'est une extraordinaire aventure, un western, que l'empereur Napoléon III nous a légué avec ce que le ministre Rouher eut l'idée douteuse de nommer "la grande pensée du règne".

C'était aussi une très mauvaise idée ...

Je vais essayer de vous la raconter.
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Nicolas


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MessagePosté le: Mar 15 Mai - 21:48 (2012)    Sujet du message: De Vera Cruz à Camerone Répondre en citant

Le Mexique, c'était la Nouvelle Espagne.

Ce territoire était gigantesque. Il comprenait le Mexique moderne, et tous les actuels Etats américains du sud-ouest : le Texas, le Nouveau Mexique, l'Arizona, la Californie.

Après les guerres napoléoniennes, l'empire espagnol des amériques se disloque à toute vitesse.

La nouvelle Espagne devint indépendante en 1819 grâce à son libertador local, le général Iturbide. Il eut la mauvaise idée de se proclamer empereur, et finit fusillé quasiment dans la foulée, créant l'amusante habitude mexicaine de passer par les armes les prétendants malheureux au pouvoir.

Le Mexique démarra alors une période ahurissante qui fit de lui le champion du monde des coups d'état : 240 en moins de 60 ans.

Le summum est resté ce jour ou, pendant que le chef d'état-major flinguait le premier ministre à Mexico, deux généraux, l'un au sud et l'autre au nord, déclenchaient leurs propres pronunciamentos ...

Bref, à la fin des années 1850, le Mexique, qui s'est fait voler la moitié de son territoire par les jeunes Etats-Unis à l'occasion de la guerre de 1848, puis de l'intégration à l'Union de la Californie l'année suivante, est endetté jusqu'au coup.

Ce qui n'arrange rien est qu'à chaque coup d'état, le nouveau gouvernement refuse évidemment de valider les dettes du gouvernement précédent (en fuite ou fusillé).


Dernière édition par Nicolas le Mar 15 Mai - 22:00 (2012); édité 1 fois
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Nicolas


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MessagePosté le: Mar 15 Mai - 21:49 (2012)    Sujet du message: De Vera Cruz à Camerone Répondre en citant

En 1859, le général Miramon, représentant du parti conservateur, se fait virer par Benito Juarez, avocat franc-maçon, à la tête du parti libéral.

Miramon arrive en France. Il retournera au Mexique auprès de Maximilien, mauvaise idée qui le mènera lui aussi jusqu'à Queretaro ...

L'impératrice, née de Palafox, est espagnole. Il se trouve que l'un de ses amis d'enfance est un aristocrate hispano-mexicain.

Cet homme, diplomate d'un gouvernement qui n'existe plus, explique à l'impératrice que le Mexique est à prendre, qu'il peut devenir un môle latin et catholique face aux Etats-Unis protestants et qui se développent à toute vitesse dans leur continent.

Napoléon III écoute, se tait, et réfléchit.

Les désordres liés à la dette mexicaine, aux débuts de la guerre de sécession qui s'est déclenchée au printemps 1861, décident l'empereur à tenter une folle aventure.

La dette est tripartite : les créanciers sont la France, l'Angleterre et l'Espagne.

Décision est prise d'envoyer un corps expéditionnaire en forme de recouvrement de créances.

C'est ainsi qu'à l'automne 1861 arrive devant la Vera Cruz une flotte internationale, emmenant des troupes. Mais l'effort des uns et des autres est très différent.

Les anglais ont envoyé 700 fantassins de marine, des fois que ça se passerait mal.

Les espagnols n'ont pas fait dans le détail, en envoyant une division de 6 000 hommes sous le commandement du général Prim (qui prendra plus tard le pouvoir à Madrid).

Les français, sous le commandement de l'amiral Jurien de la Gravière, envoient 3 000 hommes. Beaucoup trop pour recouvrer une créance, mais certainement pas assez pour s'emparer d'un pays grand comme quatre fois la France ...


Dernière édition par Nicolas le Mar 15 Mai - 22:01 (2012); édité 1 fois
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Nicolas


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MessagePosté le: Mar 15 Mai - 21:49 (2012)    Sujet du message: De Vera Cruz à Camerone Répondre en citant

Le gouvernement impérial apprécie moyennement que les espagnols envoient au Mexique une division entière sans l'en avoir avisé.

Lorsque l'information arrive aux Tuileries, ordre est donné de renforcer le corps expéditionnaire pour le Mexique : 3 500 hommes supplémentaires sont alors embarqués.

La légion n'est pas invitée à la fête : elle continue à tenir ses positions en Algérie, ou rien ne se passe.

Les premières unités envoyées sont des régiments d'infanterie de ligne, un régiment de zouave et deux bataillons de chasseurs à pied. Ils sont soutenus par trois batteries d'artillerie, et un escadron de chasseurs d'afrique envoyé sans chevaux : il se remontera sur place.

Jurien de la Gravière, rapidement en phase avec la réalité, essaye de prévenir Paris que l'affaire sent la fumée ...

Mais lorsque la première vague de renforts arrive, les doutes de l'amiral, eux, ne sont pas arrivés sur le bureau de l'empereur.

La distance des communications sera fatale dans toute cette affaire.

Le général de Lorencez, commandant le deuxième èchelon, prend la tête des troupes françaises présentes au Mexique, et en avant vers Mexico ! Les colonnes s'ébranlent le 28 avril 1862.

Entre-temps les anglais ont réembarqué, convaincus de l'inanité de l'intervention d'huissier qu'on leur avait demandé face à un débiteur qui n'a pas un rond. Les espagnols, dépités, créanciers désargentés d'un débiteur fauché, sont repartis aussi.

Les français restent seuls.
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Nicolas


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MessagePosté le: Mar 15 Mai - 21:49 (2012)    Sujet du message: De Vera Cruz à Camerone Répondre en citant

Quand on arrive de Vera Cruz, ce n'est pas facile d'arriver à Mexico, car le pays est terrible.

A l'ouest de la Vera Cruz, la "Vraie Croix" de Cortez qui avait fondé le poste, on doit d'abord, sur plus de 120 km, traverser les Terras Calientes, les terres chaudes : tout un programme.

La route se nomme le Camino Real, la route royale.

Arrivé à Puebla, on commence lentement à monter en altitude, et l'on atteint une zone plus tempérée.

Puis l'on s'approche de Mexico qui est en altitude, et vous annonce doucement les contreforts des grandes chaînes montagneuses qui culminent au Mexique à plus de 3 000 mètres.

Au sud, le pays s'effondre dans la jungle, bloqué entre les montagnes et la mer. Au nord, les montagnes bloquent l'accès au pacifique et vous rejettent vers l'est dans une zone désertique avant le Rio Grande.

Charmant pays ...
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Nicolas


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MessagePosté le: Mar 15 Mai - 21:50 (2012)    Sujet du message: De Vera Cruz à Camerone Répondre en citant

Il en faudrait plus pour arrêter les zouaves et les grenadiers qui ont pris Sebastopol :

le corps d'intervention, fort d'environ 7 000 hommes, s'engage dans les terres chaudes, et atteint Puebla.

La ville est tenue par 22 000 soldats, regulares et miliciens des régiments libéraux. Les français se jettent à l'assaut, sans aucune artillerie de siège. Leurs canons de campagne écornent à peine les murs des couvents et des casernements espagnols qui ceinturent la ville.

L'assaut est un échec lamentable ...

Manquant de munitions, sans aucun soutien car, contrairement à ce qu'on leur avait dit, les français n'étaient pas attendus comme des sauveurs, le corps expéditionnaire se replie alors.

Il manque être désintégré dans sa retraite par des charges permanentes de lanceros mexicains quand une compagnie de chasseurs à pied, des vieux cuirs venus d'afrique, cogne brutalement les sombreros et leur inspire une prudence salutaire, qui permet aux troupes impériales de reprendre leur souffle.

Pour Juarez et ses généraux, l'affaire est faite : les français vont repartir sans tambours ni trompettes.

Oui .. mais pendant ce temps là des renforts ne cessent d'arriver à Vera Cruz, et le général de Lorencez est remplacé sur ordre de Sa Majesté. Le général Forey qui, à la tête de sa division, avait en 1859 été le premier à frapper l'armée autrichienne en Italie du Nord, arrive.
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MessagePosté le: Mar 15 Mai - 21:50 (2012)    Sujet du message: De Vera Cruz à Camerone Répondre en citant

Forey n'arrive pas seul.

Avec lui, le corps expéditionnaire de l'intervention au Mexique prend une puissance réelle.

Plus de 8 000 hommes arrivent en renfort des 7 000 des deux premiers échelons. Deux régiments de cavalerie des chasseurs d'afrique accompagnent. Une artillerie de siège est également dépêchée sur place, et, depuis la Crimée, les français savent ce qu'artillerie de siège veut dire.

Et le régiment de légion étrangère arrive aussi, lui qui attendait depuis des mois de pouvoir participer à la nouvelle aventure. Ils ne seront pas déçus ...

Pendant que le corps de  bataille, recomposé, repart vers Puebla, la légion reçoit l'ordre, avec le 3ème zouave, de tenir les routes des terres chaudes. Le 45ème de ligne est également présent pour aider.

En effet, il n'existe qu'une route, complètement pourrie dans tous les sens du terme, pour joindre la Vera Cruz à Puebla et la route de Mexico: c'est le Camino Real.

Comble de bonheur, cette route est constamment coupée et attaquée par des unités plus ou moins régulières des armées libérales.

Il faut donc la sécuriser, à coups de compagnies de fantassins, sur plus de 120 kilomètres.

Plus au nord, un aventurier de génie, le colonel de cavalerie Dupin, complètement ruiné dans l'opinion suite au pillage du palais d'été de Pékin en 1860, prend la direction d'une unité qui s'avèrera encore plus terrifiante que les mescaleros : la contre-guerilla française. Cette contre-guerilla, constituée essentiellement de caballeros tout droit sorti d'un western et d'officiers français totalement déjantés, mettra le feu dans toute la partie nord-est du Mexique pendant près de quatre ans : qu'est-ce qu'on rigole !

Elle terrorisera tellement les libéraux qu'ils n'oseront plus s'aventurer dans la région avant la chute de l'empereur Maximilien.

Il existe une photo célèbre du colonel Dupin, prise avant que l'empereur, prévenu du buziness, le fasse rappeler en France : elle est grandiose. Imaginez un homme dans la force de l'âge, revêtu d'une pelisse de hussard, un sombrero sur la tête et le cigare au bec : c'est toute l'armée impériale de l'intervention résumée !
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Nicolas


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MessagePosté le: Mar 15 Mai - 21:51 (2012)    Sujet du message: De Vera Cruz à Camerone Répondre en citant

Mi avril 1863, le régiment de légion prend ses positions.

Ses officiers, qui espéraient aller au feu, comme à Magenta et Solferino, sont déçus. Leur mission consiste à accompagner pour les protéger les convois de ravitaillement destinés au corps de bataille de Forey, qui prend ses positions face à Puebla.

Le colonel Jeanningros, commandant du régiment, développe ses compagnies sur près de 70 kilomètres, entre la sortie de Vera Cruz et le Chiquihuite, mamelon ou il s'installe avec son échelon de commandement, une compagnie de réserve, la troisième compagnie du premier bataillon de ce régiment qui n'en comporte que deux, et une compagnie de voltigeurs.

Le 28 avril 1863 part de Vera Cruz un convoi qui n'est pas composé que de pièces d'artillerie et de munitions; il l'est surtout d'argent : c'est la paye du corps expéditionnaire.

Mais les munitions qu'il emmène aussi sont essentielles pour le siège de Puebla.

Les libéraux sont au courant ...
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Nicolas


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MessagePosté le: Mar 15 Mai - 21:51 (2012)    Sujet du message: De Vera Cruz à Camerone Répondre en citant

L'amour peut tout : il nous donne le bonheur, il peut aussi sauver des vies.

Dans la soirée du 29 avril, une jeune mexicaine arrive au Chiquihuite, et demande à tout prix à voir le chef des français.

Surpris, Jeanningros la reçoit et reçoit dans la foulée un choc : la jeune mexicaine est fiancée à un conducteur de chariot du grand convoi de Vera Cruz, un "arriero". La veille, dans l'hacienda ou elle travaille, elle a servi le dîner au colonel mexicain Juan de Paula Milan, un grand seigneur hispano-mexicain, mais surtout un colonel libéral, en charge de contrôler les terres chaudes.

Et la jeune fille a entendu le colonel Milan, avec ses officiers, évoquer le départ du grand convoi et surtout leur projet de l'attaquer afin de protéger Puebla tout en pillant la caisse de l'armée.

Terrifiée à l'idée que son fiancé soit massacré dans l'attaque, elle est partie en pleine nuit, et est arrivée, épuisée, chez les français pour les prévenir.

Jeanningros n'est pas sûr de l'authenticité de l'information qui lui est délivrée. Pire, il ne dispose sur place que de trois compagnies d'infanterie de légion de son régiment disséminé sur la route, et en plus il est du mauvais côté de cette route, c'est-à-dire à l'autre bout du chemin que doit emprunter le convoi.

Convoi qui vient d'ailleurs de prendre la route en question, lentement compte tenu du mauvais état de la voie et de la lourdeur des charrois.

Le colonel décide alors de s'affaiblir, et d'envoyer la troisième compagnie ouvrir la route pour l'éclairer. Le capitaine Danjou, sans commandement et affecté à l'état-major du régiment, se porte volontaire pour en prendre le commandement.

Dans le même temps, Jeanningros envoie un mexicain contre promesse d'argent, avec un message d'alerte pour le convoi. Le jeune homme sera plus rapide que la compagnie de légion, car lui prendra par la campagne et ira plus vite.

Le 30 avril à l'aube, alors que le messager est déjà parti vers l'est, la troisième compagnie quitte le Chiquihuite, et prend la route à son tour. Elle est composée de 62 hommes, officiers compris.


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Nicolas


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MessagePosté le: Mar 15 Mai - 21:52 (2012)    Sujet du message: De Vera Cruz à Camerone Répondre en citant

En milieu de matinée, la compagnie du capitaine Danjou dépasse Palo Verde. La compagnie de voltigeurs qui tient la position les voit passer sans imaginer qu'ils ne les reverront jamais.

Avant midi, la troisième compagnie dépasse les ruines d'une hacienda, l'hacienda da Camaron, qui ne présente aucun intérêt particulier, d'autant qu'elle est vide de tout ennemi.

Les légionnaires, dont la mission consiste à joindre le convoi pour renforcer sa protection, n'iront pas beaucoup plus loin.

C'est à Camaron que le colonel de Paula Milan avait prévu de s'attaquer au convoi. Il avait donc concentré sa cavalerie dans les environs immédiats.

Au cas ou, son infanterie était prête à intervenir pour soutenir ses lanceros.

Ce qu'il n'avait pas prévu, c'était de voir arriver dans le secteur toute une compagnie de l'infanterie impériale, arrivant en plus du mauvais côté !

Pendant qu'il attendait le convoi venant de l'est, voilà que toute une troupe se pointe venant de l'ouest.

Une seule solution : attaquer cette troupe, l'éradiquer, et libérer le terrain pour que le convoi vienne se planter dans le piège. C'est tangent, mais en agissant vite, c'est faisable.

Sauf qu'en face, la troupe qui arrive, ce sont des légionnaires ...
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Nicolas


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MessagePosté le: Mar 15 Mai - 21:52 (2012)    Sujet du message: De Vera Cruz à Camerone Répondre en citant

Les légionnaires se sont arrêtés pour faire le café et refaire de l'eau dans les bidons quand sont repérés les premiers Lanceros.

La compagnie se regroupe alors, en oubliant de compléter les bidons d'eau ... Ils en souffiront atrocement dans les heures qui vont venir.

Danjou regroupe son monde, quand tout à coup une colonne de Lanceros se lance à la charge.

La compagnie se forme en carré, selon le modèle des régiments de Napoléon ... Ier ! Et ça marche : en deux décharges, ils disloquent l'attaque mexicaine.

Mais dans le même temps, les coups de feu ont affolé les deux mules qui portaient les réserves de munitions : elles ruent dans les rangs, et se sauvent.

Les légionnaires n'ont plus d'autre réserve de cartouche que ce qu'ils portent sur eux.

Leurs fusils sont à chargement par la gueule : il faut donc un certain temps pour les charger et faire feu.

La compagnie se retranche derrière une haie de cactus au moment ou les Lanceros, courageux et qui en veulent, reviennent à la charge.

Deux décharges, de la fumée, les lanciers mexicains, à nouveau décimés, se replient.

La compagnie se replie aussi, en rejoignant la route par laquelle elle était venue.

Elle rejoint alors les débris de l'hacienda de Camaron.
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Nicolas


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MessagePosté le: Mar 15 Mai - 21:53 (2012)    Sujet du message: De Vera Cruz à Camerone Répondre en citant

Danjou sait qu'en pleine campagne, ils n'ont aucune chance.

Il donne alors l'ordre de rentrer dans l'hacienda.

Mais des mexicains y sont déjà : ils occupent le premier étage du bâtiment principal. Peu importe, la compagnie prend ses positions le long des murs.

Il est près de 15h00. Le caporal Morzycki reçoit l'ordre du capitaine Danjou de monter sur le toit d'un hangar pour voir ce qu'il se passe.

Ce qu'il se passe ...

Morzycki voit alors arriver, tout autour de Camerone, des centaines de fantassins mexicains : le colonel Milan a rameuté ses bataillons d'infanterie.

Ils arrivent de partout, au son de leurs tambours plats et de leurs fifres, et des trompettes qui lancent le "deguelo" mexicain, cette terrible sonnerie de clairon qui signifie "l'égorgement" et qui indique que l'on ne fera pas de prisonniers. En 1836, à Fort Alamo, les texans eux aussi avaient entendu cette mise à mort.

Pour la troisième compagnie de légion, l'affaire commence à sentir la fumée.

Mais ils ont leurs fusils, et ils savent s'en servir. Les mexicains vont en faire la cruelle expérience.
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Nicolas


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MessagePosté le: Mar 15 Mai - 21:54 (2012)    Sujet du message: De Vera Cruz à Camerone Répondre en citant

Milan donne alors ses ordres.

Les cavaliers, qui avaient mis pied à terre pour combattre au plus près, sont rappelés. Gênés par leurs énormes éperons et leurs jambières de cuirs, ils se faisaient massacrer par les légionnaires comme au tir au pigeon.

L'infanterie régulière les remplace alors, et se lance à l'assaut des murs de l'hacienda.

Ces assauts échouent, les uns après les autres : les tirs des légionnaires sont précis, font cible presque à tout coup. C'est un désastre pour l'infanterie des regulares, qui perd des dizaines d'hommes sans parvenir à atteindre les murs.

Mais dans le même temps, les lanceros qui avaient pris position au premier étage de l'hacienda font des cartons sur les impériaux. Et les légionnaires tombent les uns après les autres. Danjou, en tentant de traverser la cour de l'hacienda pour rejoindre l'un de ses groupes, reçoit une balle en plein corps. Il s'effondre, et meurt en quelques instants. Le lieutenant Vilain prend le commandement, le temps de recevoir presque aussitôt une balle en pleine tête.

Le temps passe, les légionnaires se battent encore. Ce temps, pour le colonel Milan, est vital : il est bloqué avec toutes ses forces pour anéantir cette poignée de fusiliers, et pendant ce temps il ne peut plus mettre en place la grande embuscade du convoi de Vera Cruz.

Ils ne sont plus que quinze, que dix, que sept, que six ...

Le sous-lieutenant Maudet dit aux survivants qui sont autour de lui : "baïonnette et en avant". Et devant des dizaines de fusiliers mexicains médusés, cinq légionnaires en lambeau sortent d'un appenti en hurlant "vive l'empereur !"

Ils sont reçus par une volée de plomb. Un légionnaire se jette devant Maudet et reçoit 17 balles : il meurt sur le coup, mais ne sauve pas son lieutenant, qui, blessé à mort, périra plus tard de ses blessures.

Et puis ... tout s'arrête.

Un officier mexicain s'avance au premier rang, il parle français et demande aux légionnaires de se rendre.

"Nous nous rendons si vous nous laissez nos armes, et si vous soignez nos camarades, et notre lieutenant qui est blessé."

"On ne refuse rien à des gens comme vous", répond l'officier mexicain.
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Nicolas


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MessagePosté le: Mar 15 Mai - 21:54 (2012)    Sujet du message: De Vera Cruz à Camerone Répondre en citant

Cet officier accompagne alors les survivants de la compagnie de légion, quand un cavalier regulares se précipite au grand galop, fou de rage, et commence à tirer sur les prisonniers.

L'officier dégaine alors son arme, pointe le cavalier et l'abat froidement.

Il amène les français au colonel de Paula Milan, qui, sidéré, lui demande : "c'est tout ce qu'il en reste ?"

"Si, Senor Coronel."

"mais ce ne sont pas des hommes, ce sont des démons !"

Paula Milan vient de perdre plus de six cents hommes pour en détruire 62, et le convoi n'est toujours pas dans les environs.
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Nicolas


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MessagePosté le: Mar 15 Mai - 21:55 (2012)    Sujet du message: De Vera Cruz à Camerone Répondre en citant

Dans l'étouffante après-midi du 30 avril, le convoi s'était arrêté pour abreuver les animaux, chevaux et mulets.

Tout à coup, le piquet de garde a attrapé un jeune mexicain. Il est amené au capitaine chef de convoi.

Le capitaine et ses officiers sont heureusement méfiants et prudents. Le mexicain ne veut pas dire pourquoi il est là, pourquoi il veut suivre la route de Vera Cruz.

Sentant quelque chose de pas net, le capitaine de légion menace le type de le fusiller. Alors le mexicain prend l'une de ses espadrilles, découpe la semelle, et tend, pas à l'aise, un bout de papier.

C'est le message du colonel Jeanningros qui avise le poste du premier bataillon du régiment étranger qu'il se passe quelque chose de louche sur la route du convoi, et qu'il faut le stopper d'urgence.

Le chef du convoi prend alors la décision de replier tout son monde : la route n'est pas sûre, le général Forey attendra quelques jours de plus ses obus, et son infanterie sa paye.

Ce faisant, le capitaine de légion en question va sauver le convoi, car le colonel de Paula Milan a déjà regroupé ses forces. Il a fait nettoyé le site de Camaron en quelques heures, afin qu'aucune trace du terrible combat qui vient de se dérouler ne reste visible, et se remet en position.

Mais le convoi ne viendra pas ... Quand il reçoit l'information, il replie l'ensemble de ses unités.

Dans le même temps, le colonel Jeanningros, très inquiet de ne pas recevoir de nouvelles de la troisième compagnie, a à son tour quitté le Chiquihuite avec la deuxième de ses compagnies; il s'est fait renforcé à Palo Verde par les voltigeurs et, avec en fait à peine près de 150 hommes, arrive à son tour dans le piège de Camerone. Il ne reste plus qu'une compagnie de légion au Chiquihuite : le poste de jonction entre la légion et le 45ème de ligne n'existe presque plus ...

Mais, dans les environs de Camaron, les mexicains sont partis.


Dernière édition par Nicolas le Mar 15 Mai - 22:16 (2012); édité 1 fois
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