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La 9° batterie du 12° regiment d'artillerie en Chine (1860)

 
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RSCHERER


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MessagePosté le: Ven 16 Jan - 16:39 (2015)    Sujet du message: La 9° batterie du 12° regiment d'artillerie en Chine (1860) Répondre en citant

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Bonjour,

en complément de l'ordre de bataille de l'armée française en Chine posté par Hermann, je me permets juste une illustration avec l'historique de la 9° batterie du 12° régiment d'artillerie qui prit par à cette campagne.


EXPÉDITION DE CHINE (1859-1860-1861)
 
Source : historique du 12° régiment d’artillerie : 1834-1890 (éditions BERGER-LEVRAULT, 1890)
 
 
La 1° section de la 4° batterie (fuséens) fut désignée, à la fin de l’année 1859, pour prendre part à l'expédition de Chine.
 
Cette section, sous les ordres du capitaine en second Delaroze et du lieutenant en premier Donop, forte de 48 sous-officiers et canonniers, s'embarqua à Alger pour Toulon, le 1° décembre, et de Toulon pour le Céleste- Empire, le 28 décembre, sur le transport la Reine des Clippers.
 
Le bâtiment devint la proie des flammes le 3 juin 1860, en vue de Macao, par suite de l'explosion d'une barrique d'eau-de-vie, à laquelle un cambusier maladroit avait mis le feu avec une lampe. Le personnel put être sauvé; il fut transporté sur un autre bâtiment et débarqua en Chine le 7 juillet ; mais toute la cargaison fut consumée. Par bonheur les fuséens n'avaient pas avec eux leur approvisionnement en munitions, qui se composait de 2,000 fusées (1,000 de 6 %, 56 de 12 %, 144 de 9 % et 800 de 7 %.)
 
En arrivant en Chine, les troupes étaient dirigées sur le camp de Tché-Fou, situé à l’extrémité du promontoire de Chantoung.
 
On profita du séjour des fuséens à ce camp pour leur faire confectionner des bâts sur le modèle du pays, en remplacement de ceux qui avaient été consumés sur la Reine des Clippers.
 
Le 1° avril de la même année, la 4° batterie avait changé de numéro et était devenue la 9° du régiment.
 
Le camp de Tché-Fou fut levé le 20 juillet.
 
L'embarquement du matériel eut lieu les 20 et 21, celui des chevaux le 23 et celui des troupes le 24.
 
Le 26, à 4 heures du matin, l'escadre française appareilla pour l’île de Sha-lui-Tien, à peu de distance des rives du Pei-ho et, après trois jours de navigation, la flotte jetait l'ancre à 10 milles environ des forts du Pei-hô.
 
Le débarquement fut opéré à 40 kilomètres au nord de la rive gauche de ce fleuve, à l'embouchure du Pétang. Les premières troupes furent mises à terre le l° août, et s'emparèrent, sans coup férir, de la ville de Pétang. Les jours suivants eut lieu le débarquement des autres troupes et du matériel, et le 7 août, tout le monde était à terre.
 
L'armée alliée se mit en marche le 12 août dans la direction du sud, en suivant la chaussée qui conduit à Tien-tsin et aux forts de Takou.
 
Les fuséens de la 9° batterie aidèrent ce jour-là à la prise des retranchements de Sing-hô.
 
La journée du 13 fut employée à reconnaître les approches de Thang-Kou, village fortifié sur la route de Sing-hô aux forts de Takou.
 
Le 14, à 4 heures du matin, le corps expéditionnaire quitta son campement de Sing-hô et à 6 heures arriva à proximité du camp de Thang-Kou. L'artillerie ouvrit immédiatement le feu sur le fort. Les fuséens tirèrent d'abord à 1,500 mètres, puis s'avancèrent avec le reste de l'artillerie jusqu'à 400 mètres des remparts et contribuèrent à éteindre le feu des Chinois. Le fort fut ensuite enlevé à la baïonnette. Le même jour, on détruisit les ouvrages en terre élevés entre Sing-hô et les forts Takou et on mit le feu à un grand nombre de jonques mouillées dans les canaux intérieurs.
 
Le 21, dès 4 heures du matin, on attaqua les forts de Takou qui furent enlevés dans la matinée.
 
Les hostilités furent alors interrompues pour laisser les diplomates entrer en pourparlers avec les commissaires chinois envoyés pour traiter, et le corps expéditionnaire partit vers la fin d'août pour Tien-tsin.
 
La duplicité chinoise ayant fait échouer les négociations, une partie du corps expéditionnaire quitta Tien-tsin le 9 septembre, vint camper le 10 et le 11 à Pou-Kao, le 12 à Yang-tsoun, le 13 à Tchoun-Tchouan, les 14, 15 et 16 au-dessus du village de Khio-se-You, et le 17 à Matao, en suivant toujours les rives du Pei-hô.
 
Le 18 septembre, on se battit à Tchang-Kia-Ouang et on mit les Tartares en déroute. On exécuta à la hâte des travaux en terre pour mettre l'armée alliée à Tabri d'un coup de main et Ton se prépara de nouveau au combat.
 
Le 19, au soir, le reste du corps expéditionnaire arriva au campement de Kao-teun.
 
Des renseignements, recueillis dans cette journée et dans celle du lendemain, apprirent au général de Montauban que l'armée tartare occupait des camps retranchés, situés à cheval sur la route de Pékin et à peu de distance de Tchoung-tchéou.
 
Le 21, à 4 heures du matin, toute l'armée se mit en mouvement pour la rejoindre. Elle arriva, sans voir d'ennemis, à la hauteur des dernières maisons de Tchoung-tchéou. Tout à coup, des cavaliers lancés en éclaireurs vinrent annoncer qu'un grand nombre de Tartares, retranchés derrière la ville, occupaient trois villages qui en formaient les faubourgs et que, plus loin, on apercevait très distinctement un camp considérable dont les tentes étaient encore dressées.
 
L'armée se déploya en bataille.
 
La brigade Jannin, avec la batterie de 12 (9° du 14° régiment) et le détachement de fuséens de la 9° batterie du 12°, se porta dans la direction de ces villages. L'artillerie se mit en batterie contre celui d’Oua-Koua-Yé, d'où partait une canonnade très vive, protégeant les abords du pont de Pa-li-Kao. A peine eut-elle commencé à battre cet objectif, qu'une quantité innombrable de cavaliers, armés de lances et d'arcs et poussant des cris sauvages, apparut sur le front et menaça de déborder les ailes. Les fuséens trouvèrent là un but facile ; ils n'eurent pas de peine à jeter le désordre dans les rangs des Tartares qui, cependant, tentèrent plusieurs retours offensifs, mais finalement se retirèrent en pleine déroute.
 
Le village d’Oua-Koua-Yé fut pris d'assaut.
 
Restait à emporter le pont de Pa-li-Kao. Le colonel de Bentzmann, commandant l’artillerie du corps expéditionnaire, plaça la batterie de 12 et la section de fuséens de manière à l’enfiler. Le feu de l’ennemi ne tarda pas à être éteint, et pendant que le général Collineau faisait enlever le pont à la baïonnette, les fusées continuèrent à accompagner dans leur retraite les cavaliers en fuite.
 
Le lendemain, les négociations furent reprises, mais l'armée dut encore une fois punir la duplicité chinoise.
 
Le 5 octobre, une partie du corps expéditionnaire, parmi laquelle se trouvait la section de fuséens, se mit en marche sur Pékin, et le soir, elle campa à 6 kilomètres de la ville, dans un grand faubourg, à cheval sur la grande chaussée de Pékin.
 
Le 6, elle se porta dans la direction du nord-est de Pékin, pour attaquer l'armée tartare qui s'était, disait-on, renfermée au nombre de 10,000 hommes dans un camp retranché, à peu de distance de la ville. Elle trouva ce camp évacué par les Tartares, qui s'étaient dirigés vers le palais d'été de l'empereur situé à Yuen-ming-Yuen, à 6 kilomètres au nord-ouest de Pékin.
 
Après une heure de repos, le corps expéditionnaire se remit en marche pour atteindre ce point, et à 7 heures du soir, les troupes françaises atteignirent les premières maisons du village de Yuen-ming-Yuen.
 
Le reste du corps expéditionnaire arriva le 9 sous les murs de Pékin.
 
Dès le 10 on s'occupa d'établir des batteries de siège qui furent avancées, dans la journée du 15, à 60 mètres des murailles.
 
Le bombardement devait commencer le jour même, si les portes de la ville ne s'ouvraient pas.
 
Les Chinois livrèrent alors une des portes de la ville, et à midi, les drapeaux français et anglais flottaient sur celle du nord, dont la garde fut confiée à 2 bataillons, l'un français, l'autre anglais.
 
La paix fut signée à Pékin le 25 octobre.
 
Le 1" novembre, l'armée quitta cette ville, et le 6, tout le corps expéditionnaire arriva à Tien-tsin, où il fut campé entre Tien-tsin et les forts Takou, sur les bords du Pei-hô.'
 
Les troupes furent embarquées successivement, à partir du 24 novembre, pour Canton et Shanghai, où le corps expéditionnaire devait hiverner.
 
A la fin de l'année 1860, deux croix de la Légion d'honneur et deux médailles militaires récompensèrent les fuséens de la part brillante qu'ils avaient prise à cette campagne.
 
MM. le capitaine Delaroze et le capitaine Donop, ancien lieutenant en premier de la 9° batterie, furent nommés chevaliers de la Légion d'honneur ; l'artificier Leblond et le maréchal des logis Roger furent décorés de la médaille militaire par décret du 29 décembre.
 
La section de la 9° batterie fournit un détachement, composé d’un maréchal des logis et de cinq canonniers, au corps expéditionnaire qui, sous les ordres du vice-amiral Charner, quitta la Chine du 20 au 24 janvier 1861, pour aller opérer dans l’empire d'Annam.
 
Le reste de la section (34 hommes), sous le commandement du capitaine en second Delaroze et du sous-lieutenant Carrier, partit peu de temps après pour la France et rentra le 30 mai à Besançon, où se trouvaient déjà les deux autres sections de la batterie, arrivées d'Algérie.
 
Le régiment va tenir garnison à Vienne, puis à Grenoble (1862 et 1863). En vertu d'un ordre du Ministre de la guerre, en date du 12 mars 1862, le régiment quitte Besançon, pour se rendre à Vienne (Isère) avec des détachements à Chambéry, Lyon et Grenoble.
 
 
_________________
Cordialement

Rémy SCHERER
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colonel Du Pin


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Inscrit le: 30 Oct 2012
Messages: 1 231
Localisation: Bordeaux

MessagePosté le: Ven 16 Jan - 18:57 (2015)    Sujet du message: La 9° batterie du 12° regiment d'artillerie en Chine (1860) Répondre en citant

et dire que Dupin, alors chef du bureau topographique, a côtoyé les artilleurs de la 9è batterie ! il parle notamment du colonel de Bentzmann (dans le livre "expédition de Chine" de Varin) lors de l'assaut sur les forts de Takou : ils se sont "tirés la bourre " pour être les premiers sur le rempart ...

merci pour l'historique de cette batterie ...
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FinisFr


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Inscrit le: 27 Oct 2012
Messages: 281

MessagePosté le: Ven 16 Jan - 20:15 (2015)    Sujet du message: La 9° batterie du 12° regiment d'artillerie en Chine (1860) Répondre en citant

Bonsoir,

Merci pour ce rappel historique - la répartition opérée en janvier 1861 entre les contingents destinés à la Cochinchine et ceux rapatriés en France est pour moi une découverte.

Rappel des récompenses accordées pour la campagne de Chine.

- DELAROZE Pierre. Capitaine commandant la section. Chev LH 06.11.60  (Pali-kao)

- DONOP Léonce Frédéric. Lieutenant en 1er . Chev LH 29.12.60. Promu capitaine en 2nd le 31 octobre 1860.  Attaché au parc

- CARRE Barthélemy. Sous-lieutenant . (à la 5ème compagnie d'ouvriers d'artillerie?). Blessé à Tong tchéou, cité le 19 septembre 1860

- LEBLOND Louis Auguste. Artificier. Médaille militaire 29.12.60

- NIPPE  Auguste Léopold. Brigadier. Médaille militaire 19.02.61

- ROGER Jean. Maréchal des logis. Médaille militaire 06.11.60


Campagne de Cochinchine

- BATTEUX Eugène. Artificier à la 9ème batterie.(Médaille militaire août 1861 - Cochinchine.

- BELLANGER  Auguste Jean. Canonnier. Blessé. Médaille militaire 22.05.61-  Cochinchine
                     

Au SHD, figure le registre des décès de la 1ère section de fuséens de la 4ème batterie du 12ème régiment d'artillerie, (Série Xz, carton 124, dossier n°7) :

- César Defrance, 2ème canonnier conducteur, décédé le 6 février 1860, à bord du trois-mâts "Reine  des Clippers" ;

- François Charny, 1er canonnier conducteur, décédé le 12 août 1860 à bord du Rhône ;

- Mathieu Davoust, brigadier, décédé le 7 septembre 1860, à bord de 'l'Entreprenante" ;

- Jean Marie Podesan, 2ème canonnier conducteur, décédé le 15 octobre 1860, à l'ambulance de Pali-kao ;

- Fayolle, 1er canonnier conducteur, décédé le 14 octobre 1860, à l'hôpital militaire de Tchéfou, de dysenterie aigüe ;

-  Claude Pradat,  2ème canonnier conducteur, décédé le 19 mars 1861, à l'hôpital de Shanghai d'arthrite aiguë.

 
(Note : Mutrécy cite comme "commandant des fuséens" un  lieutenant de vaisseau PANES. Inconnu au ... pavillon. Quid ???)
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RSCHERER


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Inscrit le: 03 Déc 2014
Messages: 188
Localisation: Néfiach

MessagePosté le: Sam 17 Jan - 09:48 (2015)    Sujet du message: La 9° batterie du 12° regiment d'artillerie en Chine (1860) Répondre en citant

Bonjour,

je vous remercie de vos interventions qui complètent fort à propos cet article.

Je me permets de vous soumettre cette illustration (malheureusement, je n'en connais pas l'origine) :




Mes connaissances sur les uniformes étant faibles, j'aimerai avoir des précisions sur ces uniformes, en particulier pour celui de l'artilleur.

Merci d'avance.
_________________
Cordialement

Rémy SCHERER
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